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OMEGA-3, la preuve par 9 !


C’était aussi le siècle de l’allongement de la durée de vie. Alors que les maladies infectieuses semblaient vaincues grâce aux antibiotiques, la cause du décès d’un Américain sur deux dans les années 70 était due à une crise cardiaque autour de la cinquantaine, à la force de l’âge. On évoqua alors un peu plus tard, dans les années 80, les habitudes alimentaires. Evocation contrecarrée par l’argument de la hausse de la consommation de tabac. Ce pourcentage élevé de maladies cardio-vasculaires chez les Japonais n’apparaissait pas alors que ces derniers consommaient beaucoup de tabac, mais avaient conservé leurs habitudes alimentaires traditionnelles.



OMEGA-3, la preuve par 9 !
Une importante étude, l’Etude de Lyon, qui portait sur 600 patients ayant survécu à un infarctus, fut mise en place pour confirmer plus scientifiquement cette constatation.

En 1994, après quatre ans d’observation, cette étude permit de mettre au jour des résultats spectaculaires qui permettaient d’affirmer que l’on pouvait diminuer dans des proportions incroyables, allant de 50 à 70 %, les risques de décès et de nouveaux infarctus, grâce à une simple modification de l’alimentation.



PLUSIEURS ETUDES POUR CONFIRMER

Une première étude au Pays de Galles (l’étude DART) mit en avant que la seule consommation d’acides gras oméga-3 (provenant alors de la consommation de poissons des mers froides dits poissons gras, riches en acides gras oméga-3)-, protégeait le cœur. On enregistra après deux années d’observation très suivie de 2 000 patients un effet direct sur le cœur et une diminution significative de la mortalité globale (-30%) et de la mortalité cardiaque (-30%) sans modification du risque d’infarctus non mortel et des autres troubles cardio-vasculaires.

La conclusion s’imposait : les nutriments protecteurs étaient très certainement les acides gras oméga-3 contenus dans les poissons consommés après une préparation conseillée et quelques recommandations nutritionnelles générales.

Cette protection provenait d’un effet sur certains troubles du rythme cardiaque et non sur la progression de l’athérosclérose artérielle. C’était donc un effet protecteur direct du cœur (indépendamment de la maladie vasculaire) et non pas une action sur la maladie artérielle athéroscléreuse.

La fameuse étude de Lyon, 5 ans après DART, permettait de tester l’effet d’une autre diète (alimentation), la diète méditerranéenne enrichie en oméga-3 (d’origine végétale cette fois-ci) sur le risque de complications cardiovasculaires après un premier infarctus du myocarde.

A la différence de l’étude précédente, on demanda aux patients du groupe témoin (tirés au sort) de suivre le régime conseillé dans les hôpitaux aux patients cardiaques. Le groupe expérimental devait suivre une diète méditerranéenne qui leur fut expliquée. Il leur était conseillé de l’appliquer à l’ensemble de la famille. Pour les aider à supprimer le beurre, largement utilisé dans la gastronomie lyonnaise, on leur fournissait une margarine de colza. Le colza utilisé était une variété canadienne pauvre en acide érucique, un autre acide gras suspecté à l’époque de favoriser les maladies du muscle cardiaque.

Outre des résultats bien plus spectaculaires que ceux de l’étude DART, on pouvait constater non seulement une forte baisse de la mortalité cardiaque, mais également une baisse de récidive d’infarctus non mortel. Cela suggérait qu’une supplémentation d’oméga-3 d’origine végétale avait des propriétés cliniques différentes d’une supplémentation exclusive d’oméga-3 d’origine marine (poissons gras).


Une troisième étude, l’étude FISSI, apporterait alors des informations cruciales, très complémentaires des études précédentes sur les oméga-3.

Pour cette étude menée en Italie, la stratégie était différente : on ne changeait plus l’alimentation des patients ayant survécu à un infarctus. On les tirait au sort pour qu’ils prennent des capsules contenant des huiles de poissons concentrées. 11 000 patients furent recrutés dans tout le pays par 270 cardiologues. L’ampleur de cette étude et le mode de sélection des participants permettaient d’affirmer que l’on était dans les conditions dites de « la vraie vie », de la médecine de tous les jours, et par conséquent permettrait d’appliquer immédiatement les enseignements par tous les médecins et pour tous les patients.

Après trois ans et demi de suivi, les analyses globales des résultats révélaient que les oméga-3 avaient réduit la mortalité de 20%, la mortalité spécifiquement cardiaque de 30%, et surtout la mortalité subite par troubles du rythme cardiaque de 45%.

Le risque de récidive cardiaque non mortelle n’était pas modifié, exactement comme pour l’étude DART.

Cette troisième étude permettait de confirmer les conclusions des deux premières quant à l’action des acides gras oméga-3. Plus de doute, les oméga-3 sont indispensables à la bonne santé de notre cœur, mais pas seulement de notre cœur.

D’autres recherches ont également conduit à la conclusion que l’évolution de notre mode de vie a modifié le rapport entre oméga-3 et oméga-6 (un autre acide gras nécessaire à l’organisme) apporté à notre organisme par le biais de notre alimentation. Un rapport qui était de 1/1 quand l’homme était chasseur-cueilleur, notre mode de vie l’a porté à 10/1en 1950, et 20/1 en l’an 2 000 !

Nous devons tendre à inverser ce rapport afin de rétablir un état de santé optimal.

Il sera donc tout aussi important d’inverser notre rapport entre oméga-6 et oméga-3, en diminuant la consommation d’oméga-6 qui ont été apportés avec exagération dans les produits modifiés (en saturant les huiles afin d’éviter leur rancissement et une conservation plus longue), en augmentant la consommation de poissons gras, en diminuant la consommation d’huiles de tournesol, de maïs, de soja, de pépins de raisin et en augmentant celle des huiles riches en oméga-3, les huiles d’olive, de noix, de graines de lin et de colza. Le rapport des acides gras oméga-6/oméga-3 doit être inférieur à 4 pour 1 ; il devrait même être de 2 pour 1 d’après certains.

Dans ces études menées pour observer les résultats d’un apport d’oméga-3, une autre observation est à relever. En effet, pour l’étude GISSI, il avait été demandé aux participants de suivre une diète méditerranéenne. A la fin cette étude, on a comparé les résultats obtenus sur les sujets qui avaient observé scrupuleusement cette diète et ceux qui ne l’avaient suivie que de très loin. Ceux qui avaient suivi la meilleure diète méditerranéenne avaient vu leur risque de décès réduit de 50 % par rapport à ceux qui s’en étaient écartés.

Cette étude et cette observation ont contraint les médecins et chercheurs à saisir l’importance et l’incidence des habitudes alimentaires et que celles-ci constituaient le principal facteur causal des maladies cardiovasculaires et que la question du cholestérol contribuait à masquer les véritables questions physiopathologiques et détourner l’attention des médecins et des patients de l’enjeu de la prévention des maladies cardiovasculaires. En effet, ces études ont montré qu’avec un même taux de cholestérol, les patients qui n’avaient pas récidivé étaient ceux qui avaient suivi cette diète méditerranéenne et ceux qui avaient récidivé ou étaient décédés n’avaient pas respecté la diète méditerranéenne.

En 2003, en Grèce, une étude a été menée sur 22 000 personnes durant quatre ans pour étudier l’incidence des habitudes alimentaires sur l’état de santé. Un écart de deux points à peine du score d’adhérence à cette diète traditionnelle était associé à des différences considérables du risque de mourir soit d’un cancer (24%) soit d’une attaque cardiaque (33%).

Ces résultats spectaculaires confirmaient donc l’incidence des habitudes alimentaires sur les maladies cardiovasculaires et des cancers et le fait que la diète méditerranéenne devait être la base de toute stratégie de prévention nutritionnelle pour le maintien d’une santé optimale.

Source : http://www.lanouvelletribune.com/OMEGA-3_la_preuve_par_9.html

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20/11/2009


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